Les objections qui tiennentScottTraçabilité

Ce que notre registre ne saura jamais écrire

« On ne peut pas tout mettre en fiche » : avec James C. Scott, la mètis et la forêt prussienne — ce qu’un registre peut attester, et ce qu’il ne doit jamais noter.

15 min
Monoculture d’épicéas plantée en rangées régulières, sol nu sous les arbres
Monoculture d’épicéas près de Groß-Gundholz, Basse-Autriche — rangées régulières, essence unique, sous-bois éliminé — Stefan.lefnaer, CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

Les objections qui tiennent (2/2) — James C. Scott, la mètis et la lisibilité imposée. Premier volet : Le regard qu’on ne peut pas rendre.

« Mon métier, c’est du savoir-faire. On ne peut pas tout mettre en fiche. »

Cette phrase, on l’entend à chaque table de cuisine. Elle arrive en général après vingt minutes de discussion cordiale, au moment précis où l’on croyait que c’était gagné.

Je l’ai entendue ailleurs, longtemps, dans un métier qui n’a rien d’agricole. J’ai passé vingt ans dans la finance, où les meilleurs expliquaient volontiers que leur travail reposait sur un jugement qu’aucun modèle ne capturerait jamais. Une bonne part de ce jugement a fini modélisée, puis industrialisée. « On ne peut pas mettre ça en fiche » est donc souvent une position défensive avant d’être une vérité — je l’ai dit moi-même, et je me trompais.

Mais la suite compte autant. La finance a codifié le codifiable avec des gains spectaculaires, jusqu’à la crise des subprimes, en 2008. Ce qui a sauté alors, c’est précisément ce que les grilles ne voyaient pas : des crédits immobiliers agrégés, découpés, revendus et notés comme sûrs par des modèles qui n’avaient jamais regardé qui, au bout de la chaîne, était censé rembourser. Les process s’étaient standardisés, et la standardisation avait détruit quelque chose. Les deux constats sont vrais en même temps.

C’est pourquoi cette objection est la plus sérieuse qu’on nous adresse, et pourquoi je préfère l’écrire moi-même.

La forêt qui est morte d’avoir été bien gérée

Prusse et Saxe, fin du XVIIIe siècle. Les États ont besoin de revenus prévisibles, et la forêt en produit. Mais une forêt réelle est ingouvernable : c’est un désordre d’essences, d’âges, de sous-bois, de champignons, et d’usages paysans — bois de chauffe, litière, glandée, cueillette, chasse.

Les administrations forestières font alors ce que fait toute administration devant un réel trop épais : elles le simplifient. La forêt est réduite à une seule variable, le volume de bois d’œuvre exploitable. On invente pour cela un instrument de mesure abstrait, l’arbre-type, le Normalbaum. Puis, une fois la carte tracée, on remodèle le terrain pour qu’il ressemble à la carte : essence unique, âge unique, plantation en rangées, sous-bois éliminé.

La première rotation est un triomphe. Rendements calculables, revenus prévisibles, doctrine exportée dans le monde entier pendant deux cents ans.

La deuxième rotation s’effondre. Les Allemands ont dû forger un mot pour ça : Waldsterben, la mort de la forêt.

On n’en a compris la raison qu’après coup : la forêt n’avait jamais été du bois. Elle était un sol vivant, des champignons mycorhiziens, des insectes, des oiseaux, une litière, une humidité — tout un fonctionnement illisible qui fabriquait le bois que l’on mesurait. En nettoyant ce qui n’entrait pas dans la grille, on avait supprimé ce qui produisait ce que la grille comptait. Les forestiers ont ensuite passé des décennies à réintroduire artificiellement, à grands frais, l’écologie qu’ils avaient éliminée.

C’est par cette histoire que s’ouvre L’Œil de l’État, de l’anthropologue James C. Scott. Elle sert de matrice à tout le livre.

La mètis

Scott emprunte aux Grecs le mot qui nomme ce que la grille ne capte pas : la mètis. C’est l’intelligence d’Ulysse, celle du pilote qui fait entrer un navire dans un port. Pas une règle : la capacité de lire ce port-ci, ce jour-ci, ce vent-ci. Elle ne s’acquiert que par la pratique et ne se transmet pas par écrit.

Sa version agricole n’a pas besoin d’être expliquée à un agriculteur. Savoir que la terre est prête à la façon dont elle s’émiette dans la main. Savoir que ce coin-là de cette parcelle-là gèle trois jours avant le reste. Voir qu’une bête n’est pas bien avant le moindre symptôme. Rien de cela n’est dans un manuel, et le plus souvent, celui qui le sait ne saurait pas le dire.

Il faut ici séparer deux objections que l’on confond systématiquement. « Je n’ai pas le temps de remplir vos fiches » est un problème d’outil : c’est notre travail de le résoudre, et il se résout. « Ce qui fait la valeur de mon travail n’entre pas dans la fiche » est d’un autre ordre : ce n’est pas une plainte d’ergonomie, c’est une objection de fond.

Ce que nous sommes, sans faux-fuyant

VeraTrace est un dispositif de lisibilité. Sans exception pour nous-mêmes.

Nous produisons une grille. La grille dit ce qui compte. Ce qui compte finit par être reconnu, puis rémunéré. Et ce qui est rémunéré finit par orienter les pratiques. Ce n’est pas un effet secondaire à corriger dans une prochaine version : c’est le mécanisme lui-même. Quiconque construit un registre et prétend le contraire n’a pas lu, ou ment.

Et l’on répondra que notre intention, elle, est la bonne. Nous sommes là pour que les petits soient enfin payés pour ce qu’ils font bien, pour rendre visibles ceux que personne n’a jamais regardés, pour donner à un producteur une preuve qu’il puisse opposer à qui la lui demande. Tout cela est sincère. C’est précisément ce qui devrait nous inquiéter.

Car les projets que Scott démolit étaient tous sincèrement émancipateurs. La villagisation tanzanienne de Julius Nyerere, au milieu des années 1970, était anticoloniale, portée par un homme intègre, pensée pour les petits paysans — les regrouper dans des villages planifiés afin de leur apporter enfin l’école, l’eau, le dispensaire. La production agricole s’est effondrée. La dispersion des habitats n’était pas du désordre : c’était une adaptation fine aux sols, aux points d’eau, aux micro-variations saisonnières. La bonne intention n’a pas freiné le désastre : elle en était l’un des ingrédients.

On objectera que ces désastres sont ceux d’États planificateurs. Scott répond avant nous que le mécanisme n’a pas de couleur politique : l’administration forestière prussienne relevait du caméralisme fiscal, et il désigne aujourd’hui le capitalisme mondialisé comme la première force d’homogénéisation.

Notre intention ne nous met donc à l’abri de rien. Il faut chercher la protection ailleurs.

Un prix, pas une note

Il y a une bifurcation que j’ai failli manquer. Je préfère la raconter que la taire.

Pendant des mois, j’ai décrit ce que nous construisons comme un indice de la qualité agricole. L’idée avait tout pour séduire : une aide indexée sur la qualité des pratiques plutôt que sur le nombre d’hectares. Sur le papier, plus juste que ce que nous avons aujourd’hui. En réalité, je dessinais un Normalbaum. Un indice de qualité, c’est une autorité centrale qui décrète ce qu’est bien cultiver et qui rémunère la conformité à sa définition. La forêt allemande, avec deux siècles de retard.

Ce qui m’a fait bifurquer, c’est Hayek — pas celui des plateaux de télévision, mais l’article de 1945 sur l’utilisation de l’information dans la société. Sa thèse : le savoir utile est dispersé, local, souvent tacite, et aucune autorité ne peut le rassembler. Le système de prix ne résout pas ce problème en centralisant l’information ; il le contourne. Le mineur d’étain n’a pas besoin de savoir pourquoi l’étain se raréfie. Le prix lui dit ce qu’il doit faire sans lui transmettre la raison.

La différence avec un indice est de nature, pas de degré. Un prix ne codifie pas le comment. Il ne dit pas comment produire, il dit ce qu’une chose vaut. Un indice de qualité prescrit ; un prix constate. Le premier entre en concurrence avec le savoir-faire du producteur ; le second le laisse intact, parce qu’il ne s’en occupe pas.

D’où ce que je tiens désormais pour la seule ligne défendable : ne pas payer la qualité d’une pratique, mais l’existence d’un fait prouvé. Peu importe qu’un savoir-faire soit codifiable ou non. Ce qui compte, c’est qu’on puisse établir qu’il a été exercé — ici, à cette date, sur ce lot, par cette personne. Le registre atteste une existence. Il ne note pas une performance.

Et il faut ajouter ceci, qui n’est pas un détail. Avant, la preuve ne valait rien. Elle ne se vendait pas, ne se négociait pas, n’entrait dans aucun prix. Or la critique de Scott vise une lisibilité qui vient remplacer un réel plus riche qu’elle. Mettre un prix sur la preuve ne remplace rien : cela installe un signal là où il n’y avait que du silence.

Scott, cependant, ne me laisserait pas filer si facilement. Il refuse explicitement le débouché hayékien et soutient que les marchés produisent eux aussi de la simplification perverse — la tomate industrielle, calibrée pour le transport et l’étalage, vaut bien le Normalbaum. Il a raison de le dire, et il y a une réponse. Le savoir local dont parle Hayek est un savoir de circonstances : une rareté, une opportunité, un décalage. La mètis dont parle Scott est un savoir de geste. Un prix a toujours transmis le premier, et n’a jamais prétendu transmettre le second. C’est ce qui le rend inoffensif pour le savoir-faire — à la condition expresse qu’il reste un prix.

Reste à vérifier si cette condition est tenue. Scott fournit lui-même de quoi le faire.

Les trois conditions qui manquent

Il ne dit pas que toute mesure tourne mal. Il énumère quatre ingrédients, et c’est leur réunion qui produit la catastrophe : une grille administrative, une idéologie de la table rase, un pouvoir capable d’imposer sans discuter, et une société civile hors d’état de répondre.

Nous avons le premier, et il faut l’assumer : nous produisons bien une grille. De quelle sorte, on vient de le dire — une grille qui met un prix sur des faits, non une grille qui note des pratiques. C’est beaucoup, ce n’est pas rien, et cela ne suffit pas à nous mettre à l’abri.

Nous n’avons pas les trois autres — et cela se vérifie, plutôt que cela ne se déclare.

Pas d’idéologie de la table rase. Le haut-modernisme, chez Scott, n’est pas un vague penchant technophile : c’est la conviction que la conception rationnelle doit remplacer la pratique héritée. Brasilia s’élève sur un plateau vide parce que la ville existante est jugée irrécupérable. Nous faisons exactement l’inverse, et c’est notre point de départ : nous ne prétendons redessiner ni les exploitations, ni les circuits, ni les gestes. Le réseau que nous documentons existe avant nous — les relations, les livraisons, les tours de main, tout cela tourne déjà, souvent depuis des générations. Nous n’en concevons aucun. Nous les rendons attestables.

Pas de contrainte. Aucune obligation légale ne renvoie à nous. Le producteur ne paie rien, n’immobilise rien, et sort quand il veut sans rien perdre. Le paysan du cadastre prussien ne pouvait pas quitter le cadastre. Un agriculteur, lui, ferme une application.

Pas de partie adverse désarmée. La grille est révisable par ceux qu’elle mesure : les critères et leurs pondérations relèvent de la gouvernance du réseau, où les producteurs siègent à parité avec l’aval. Ce n’est pas une promesse de bienveillance, c’est une structure.

Et sur ce dernier point, le renversement va plus loin que la seule gouvernance.

Chez Scott, le paysan est rendu lisible par d’autres, pour d’autres, dans une langue qu’il ne maîtrise pas, à des fins qui ne sont pas les siennes : l’impôt, la conscription, l’expropriation. Il est l’objet de l’écriture.

Renversons chaque terme. C’est le producteur qui signe. C’est lui qui décide de ce qu’il déclare et de ce qu’il garde. C’est lui le premier bénéficiaire de ce qui est écrit. Il n’est pas l’objet du registre : il en est l’auteur.

C’est une différence réelle, et je ne connais pas d’argument plus solide à opposer. Mais soyons précis sur ce qu’elle règle : elle change le propriétaire de l’écriture, pas la nature de la grille. Une lisibilité émise peut parfaitement être une mauvaise grille.

Ce que tout cela ne règle pas

Un mot d’abord sur l’adhésion volontaire, qui prouve moins qu’on ne le croit. Elle règle la question de la légitimité : personne ne pourra dire qu’on lui a imposé un regard. Elle ne règle pas la question posée par Scott, qui est épistémologique. Une mauvaise mesure adoptée librement reste une mauvaise mesure. Tous les indicateurs d’entreprise sont volontaires, et ils se déforment exactement comme les autres. Le volontariat ne suffira donc pas.

Et une précision d’honnêteté, qui vaut avertissement : la liberté de sortie n’est réelle que tant que le registre n’est pas devenu obligatoire dans les faits. Le jour où une cantine ou une centrale d’achat l’exigera, cette porte se refermera d’elle-même. Ce jour-là, il ne restera que la gouvernance. C’est pourquoi le garde-fou doit être posé avant, et pas après.

Il y a enfin une décision que nous refusons de prendre, et ce refus est délibéré.

Le Normalbaum n’a pas été fatal parce qu’il mesurait, mais parce qu’il mesurait une seule chose. Une variable unique avait remplacé toutes les autres, et ce qui n’entrait pas dans cette variable a disparu. Nous prenons le chemin inverse : porter le plus grand nombre de mesures possible — labels, certifications, scores de décarbonation, indicateurs sociaux, distances, saisonnalité, et ceux qui n’existent pas encore — sans jamais les fondre en une note unique.

Et surtout, sans décider laquelle compte. J’ai mon opinion sur chacun de ces indicateurs ; ce n’est pas à moi de l’imposer. Ce qui prévaut doit se décider ailleurs : chez l’acheteur qui préférera tel critère, chez le mangeur qui en choisira un autre, dans la gouvernance du réseau pour ce qui est mis en avant. Notre travail est de transporter la preuve, pas de hiérarchiser les vertus.

Deux réserves, parce qu’un refus de décider n’en est jamais tout à fait un. La première : ce qu’une application affiche en premier est déjà un arbitrage. On ne présente pas douze indicateurs à égalité sur un écran de téléphone ; il y a un ordre, et l’ordre est une grille. C’est pour cela qu’il relève de la gouvernance et non de nous. La seconde : la profusion a son propre défaut. Multiplier les mesures produit du bruit, et le bruit avantage celui qui a les moyens de l’interpréter — l’acheteur, pas le producteur. Tout communiquer peut donc revenir, par un autre chemin, à laisser l’aval décider seul. Ce risque n’est pas réglé.

Le garde-fou

Scott ne conclut pas « ne mesurez rien ». Il conclut qu’une institution doit rester corrigible par le savoir local qu’elle rencontre : avancer par petits pas, préférer le réversible à l’irréversible, prévoir la surprise, et compter sur l’inventivité de ceux qui feront tourner le système.

Reste alors la question laissée en suspens : où subsiste une grille chez nous, et la condition posée plus haut — que le prix reste un prix — est-elle réellement tenue ? Il n’y a qu’un seul endroit où elle peut céder, mais il est décisif. Si l’on se contentait de dire « un fait attesté vaut une unité », il n’y aurait pas de grille du tout : seulement une unité de compte et un prix. Mais dès qu’on pondère, dès qu’un fait vaut davantage ici et moins là selon des critères que quelqu’un a écrits, on ne met plus un prix sur la preuve : on met un prix sur la pratique. C’est là, et nulle part ailleurs, que le Normalbaum peut repousser chez nous.

Or sur ce point précis, la représentation ne suffit pas. Un collège de producteurs qui vote au niveau national produit une grille nationale. Un maraîcher du Vexin et un céréalier de la Beauce y aboutiront à un compromis qui ne sera la connaissance locale de personne. L’argument de Scott porte exactement là : la mètis est particulière, elle ne s’agrège pas, elle ne se transporte pas dans un vote.

La seule réponse cohérente est la subsidiarité des pondérations. Un socle commun étroit — intégrité, plafonds, non-discrimination — décidé au niveau du réseau. Et la couche agronomique et territoriale décidée au niveau du territoire, par ceux qui y produisent. Ce qui vaut dans le Vexin ne vaut pas dans la Crau, et ce n’est pas à nous d’en décider depuis un bureau.

Cette règle n’est pas encore arbitrée chez nous. Je l’écris ici avant qu’elle le soit, publiquement, pour qu’elle nous contraigne le jour où la question se posera pour de bon. Un engagement pris devant témoins coûte plus cher à trahir.

Le reste, qui ne nous appartient pas

Reste à dire ce que le registre ne fera pas — non par insuffisance, mais par construction.

Il prouve que : cette caisse, cette parcelle, cette date, cette signature. Il ne dit rien de la qualité du geste, et il n’a pas à en dire quelque chose. Le savoir-faire n’échappe pas à la grille : il n’en est pas l’objet. La nuance n’est pas rhétorique. Un savoir-faire qui échappe, c’est un manque à combler dans une prochaine version. Un savoir-faire qui n’est pas l’objet, c’est une frontière à tenir. Le jour où un registre prétendra mesurer la qualité d’un geste, il sera devenu le Normalbaum.

On pourrait terminer en disant que tout va bien : plus le codifiable est codifié, plus ce qui reste incodifiable devient le vrai facteur de différenciation, et plus il vaut cher. C’est vrai. Ce n’est pas toute la vérité. La codification des appellations a protégé l’artisan de l’imitateur industriel ; elle a aussi figé des pratiques et tenu à l’écart des gens qui cherchaient autre chose. Les deux se sont produits, souvent dans la même filière.

Celui qui me dit qu’on ne peut pas tout mettre en fiche a raison — et ce n’est pas seulement le maraîcher. Le boulanger qui sait à l’odeur que sa pâte a tourné, le grossiste qui connaît le chauffeur sur lequel on peut compter un vendredi soir, le restaurateur qui choisit son poisson d’un coup d’œil : aucun d’eux ne mettra jamais cela dans une case. Ils auront raison encore longtemps. La seule chose que je puisse leur promettre, c’est que nous n’essaierons pas — et que le jour où nous pondérerons, ce ne sera pas nous qui déciderons ce que vaut leur geste.

Références

James C. Scott, L’Œil de l’État. Moderniser, uniformiser, détruire, trad. Olivier Ruchet, La Découverte, 2021 (éd. originale : Seeing Like a State, Yale University Press, 1998).

Friedrich A. Hayek, « L’utilisation de l’information dans la société », American Economic Review, 1945.

Ce que ça change pour vous

Le même raisonnement ne se joue pas au même endroit selon votre place dans la chaîne.

Vous êtes producteur

Vous avez raison de dire que tout n’entre pas dans une fiche, et ce n’est pas ce qu’on vous demande : un registre atteste qu’un fait a eu lieu — ici, à cette date, sur ce lot — il ne note pas la qualité de votre geste.

VeraTrace pour les producteurs

Vous tenez un commerce de bouche

Le boulanger qui sait à l’odeur que sa pâte a tourné ne mettra jamais cela dans une case. Ce n’est pas un manque à combler dans une prochaine version : c’est une frontière à tenir.

VeraTrace pour les commerces

Vous êtes grossiste ou négociant

Savoir sur quel chauffeur on peut compter un vendredi soir est un savoir de geste, pas un savoir de circonstances. Un prix n’a jamais prétendu transmettre le premier — c’est ce qui le rend inoffensif pour votre métier.

VeraTrace pour les grossistes

Vous êtes collectivité ou acheteur public

Une aide indexée sur la qualité des pratiques suppose une autorité qui décrète ce qu’est bien cultiver, et rémunère la conformité à sa définition. Payer l’existence d’un fait prouvé n’engage pas la même chose.

VeraTrace pour les territoires