Donnée déclarée
Donnée affirmée par un acteur sur lui-même ou sur ses produits. Elle est publiable telle quelle parce qu'elle engage son auteur, mais elle n'est jamais présentée comme vérifiée : la distinguer d'une donnée observée est ce qui empêche la plateforme de blanchir une affirmation en la republiant.
À ne pas confondre avec
- Donnée dérivée
Donnée que la plateforme déduit d'échanges réels — par exemple un point de vente inféré d'un passeport de livraison suivi d'un accusé de réception. Publier une déduction expose deux parties qui n'ont pas consenti ensemble, ce pourquoi elle reste soumise au consentement double.
Ce que dit le blog
- Qui trie, quand personne ne prouve ?
Joseph Stiglitz (Nobel 2001), le screening, et pourquoi la souveraineté alimentaire commence par la vérification : quand le vendeur ne signale pas, c’est l’acheteur qui organise le tri.
- Il se peut que le progrès soit le développement d’une erreur
En 1962, Cocteau adresse une phrase à l’an 2000. Prise au sérieux avec Haber-Bosch : une réussite peut être le début du problème suivant.
- Orphée et le regard en arrière
Le mythe d’Orphée interdit de vérifier ce qu’on croit savoir. Une lecture de cette règle — via Cocteau et un capteur de température — pour distinguer une donnée d’une preuve.
- Ce que la modernisation a laissé dehors
Un siècle a multiplié les rendements et divisé la description. Ce qui a changé n’est pas la morale, c’est le coût : verdir ou faire rentrer.
- Le débat agricole n’est pas trop complexe. Il est mal décrit.
Latour et Spinoza : la complexité agricole n’est pas un excès de bavardage autour d’un objet simple, c’est un appareil de description périmé. Ce qui a changé, c’est le coût du singulier.
- Du Normalbaum au label : pouvoir déplier la simplification
Un label rend une réalité complexe lisible, et c’est une fonction essentielle. Reste à pouvoir remonter derrière la catégorie — sans la supprimer ni la discréditer.
- Conforme. Puis : montre-moi.
Rabelais fait purger Gargantua avant de l’instruire. Ce que ce détail dit d’un système de conformité qu’on croit corriger en ajoutant des champs.
- Le catalogue des livres qui n’existent pas
Rabelais énumère 217 jeux, puis catalogue une bibliothèque d’ouvrages imaginaires. Ce qu’un registre trop nourri finit par prouver — et de qui il parle.
- Ce que notre registre ne saura jamais écrire
« On ne peut pas tout mettre en fiche » : avec James C. Scott, la mètis et la forêt prussienne — ce qu’un registre peut attester, et ce qu’il ne doit jamais noter.
- Notre registre commençait trop tard
« Vous vendez de la traçabilité et vous ne pouvez pas prouver qui écrit vos articles. » L’objection est juste, et ce qu’elle révèle est pire que ce qu’elle vise.
- L’opacité n’est pas un mensonge
Ce qu’un philosophe du XVIIᵉ siècle a à voir avec la traçabilité : pourquoi l’opacité d’une origine n’est pas une fraude mais une connaissance mutilée, à restaurer plutôt qu’à punir.
- Le tampon et la chose
La cérémonie ou la substance : avec Spinoza, pourquoi la déclaration de conformité est un rite — et comment la preuve montre enfin ce que la norme veut vraiment.
- L’import n’est pas un péché
Import = mal, local = bien ? Avec Spinoza : le bien n’est pas une propriété mais un rapport. La traçabilité relève de la preuve, pas de la morale.
- Quatre cent mille capteurs qui n’existaient pas
eFishery déclarait 400 000 distributeurs connectés au bord des bassins. Il y en avait 24 000. Ce que sa chute dit à ceux qui vendent de la traçabilité.
Où c'est mis en œuvre
lib/discovery/types.ts