Le lexique
Les mots que VeraTrace emploie ont un sens précis, et plusieurs se ressemblent assez pour être confondus. Cette page donne la définition qui fait foi, dit ce qui distingue les notions voisines, et pointe le code qui les met en œuvre.
Ces définitions sont aussi publiées en RDF, à l'identique, pour les agents et les moteurs : https://veratrace.xyz/ontology
La preuve
Ce que VeraTrace entend par prouver, et les objets qui portent cette preuve.
- PreuveChez VeraTrace, une preuve n'est pas une affirmation de confiance mais un chemin rejouable : une donnée, son empreinte, une signature vérifiable avec une clé publiée, et l'inclusion de cette empreinte dans un lot ancré. Chacun de ces maillons se recontrôle sans nous demander notre avis. Une donnée exacte mais non signée n'est pas une preuve au sens de ce vocabulaire ; c'est une déclaration.
- AttestationEnregistrement signé en Ed25519 qui fige un fait métier daté — une généalogie de lot, un relevé HACCP, une empreinte carbone, un rappel. Elle porte l'empreinte d'une charge utile canonique, la référence de son signataire, et l'état de son ancrage. Une quarantaine de types existent, du `genealogy` au `haccp_ccp`.
- AncragePublication de la racine de Merkle d'un lot d'attestations sur un registre que nous ne contrôlons pas. C'est ce qui rend l'antériorité opposable : sans ancrage, une signature prouve seulement qu'un détenteur de la clé a signé, pas qu'il l'a fait avant aujourd'hui. Le pilote d'ancrage est enfichable — un pilote local existe pour tourner sans réseau, et il n'ancre rien au sens ci-dessus.
- Racine de MerkleEmpreinte unique résumant un lot entier d'attestations. Ancrer cette seule valeur suffit à rendre chacune des attestations du lot vérifiable, par un chemin d'inclusion court — c'est ce qui permet d'ancrer des milliers de faits pour le coût d'un seul.
- PasseportVue publique et lisible d'un lot : son origine, son parcours, ses certifications, et les preuves rattachées. Le passeport ne crée aucune donnée — il rend consultable ce qui a déjà été signé. Trois déclinaisons coexistent : le passeport consommateur atteint par QR, le passeport numérique de produit au sens du règlement ESPR, et le passeport de livraison entre professionnels.
- Passeport de livraisonDocument signé qu'un grossiste remet à son acheteur pour une livraison : les lots concernés, leurs origines et certifications, et le segment de chaîne du froid. Il porte une enveloppe Ed25519 qui le rend opposable sans que l'acheteur ait à faire confiance au vendeur.
- Accusé de réceptionContrepartie du passeport de livraison, signée cette fois par l'acheteur : ce qu'il a effectivement reçu, dans quel état, et ses réserves éventuelles. C'est ce contre-signe qui transforme une affirmation du vendeur en fait bilatéral.
- Preuve de traçabilitéBloc cryptographique attaché à une donnée de traçabilité : empreinte du contenu, signature Ed25519 de l'émetteur, et le cas échéant la référence de l'ancrage. Il permet de rejouer la vérification sans faire confiance à celui qui présente la donnée.
- porte la preuveRattache une preuve de traçabilité à l'entité qu'elle scelle.
- empreinte du contenuEmpreinte du contenu signé, calculée sur une forme canonique du document. Recalculer cette empreinte sur la donnée présentée est la première des deux vérifications ; si elle diffère, la donnée a bougé depuis la signature.
- signatureSignature Ed25519 de l'empreinte, encodée en base64.
- clé publiqueClé publique permettant de vérifier la signature. Publiée pour que la vérification ne dépende pas de nous.
- signé leHorodatage de la signature, déclaré par l'émetteur. À ne pas confondre avec `vrt:anchoredAt` : c'est l'ancrage, et lui seul, qui rend l'antériorité opposable à un tiers.
- ancré leHorodatage de l'ancrage du lot d'attestations contenant cette preuve.
- empreinte de transactionIdentifiant de la transaction portant la racine de Merkle du lot, sur la chaîne utilisée.
- numéro de blocNuméro du bloc contenant la transaction d'ancrage.
- adresse de l'explorateurAdresse d'un explorateur de chaîne où la transaction d'ancrage peut être consultée par un tiers.
Les scores
Quatre mesures coexistent et ne disent pas la même chose. Les confondre est l'erreur la plus courante.
- Index de confianceScore de 0 à 100 qualifiant un ACTEUR, agrégé depuis ses preuves vérifiables : attestations ancrées 30 %, certifications 27 %, audits HACCP 18 %, transparence carbone 15 %, recommandations B2B 10 %. Recalculé à la demande — la fraîcheur est ce qui le rend crédible. Paliers : platinum ≥ 85, gold ≥ 70, silver ≥ 50, bronze ≥ 25, sinon non noté.
- Score de transparenceScore de 0 à 100 mesurant ce qu'un producteur EXPOSE, non ce qu'il vaut : complétude du profil 20 %, lots signés sur douze mois 30 %, certifications valides 30 %, récence de l'activité 20 %. Un producteur irréprochable mais silencieux y sort bas — c'est voulu, la mesure porte sur la divulgation.
- Score de preuve (découverte)Score d'ORDONNANCEMENT calculé depuis les seuls champs déjà chargés d'une fiche, pour trier une liste de résultats sans lire un magasin par entité. Il partage l'échelle de paliers des autres scores mais pas leurs entrées : pour une même fiche, il peut différer du score de transparence. La pastille de liste est donc libellée « preuve », jamais « transparence ».
- Capital de confianceAgrégat par détenteur des attestations signées qu'il a accumulées : un volume, pas une note. Là où l'index de confiance pondère et normalise sur cent, le capital de confiance compte ce qui a été produit et le rend visible dans l'espace de travail de son propriétaire.
Les entités
Les objets que la plateforme modélise : le lot, la fiche, la parcelle, le marché.
- LotL'unité pivot de la traçabilité : une quantité de produit issue d'une même production, portant une origine, des dates, un détenteur courant et, éventuellement, un lot parent. C'est au lot que se rattachent les attestations, le passeport et les scans — pas au produit générique.
- Fiche du RegistrePage factuelle décrivant une entreprise de la chaîne alimentaire, construite exclusivement depuis des sources publiques (SIRENE, BAN, RNE, BODACC, OpenStreetMap, eAmbrosia) et qui cite ses sources. Une fiche existe sans l'accord de l'entreprise ; elle devient réclamée quand son représentant légal la revendique, ce qui seul autorise le contenu qu'elle fournit elle-même.
- ParcelleÎlot cultivé décrit par sa géométrie en WGS84, sa surface, sa commune et sa culture déclarée, rattaché au Registre Parcellaire Graphique. Support des contrôles de déforestation et des assolements par campagne.
- Marché d'intérêt nationalMarché de gros français relevant du statut de marché d'intérêt national — dix-neuf existent. Chacun porte son gestionnaire, ses catégories de produits et son niveau de partenariat, et sert de point d'entrée à l'annuaire des grossistes qui y opèrent.
- Espace métierDéclinaison de l'application pour un métier donné — boulanger, vigneron, grossiste, cantine, territoire… Vingt espaces métier existent, chacun avec son vocabulaire, ses écrans et sa tarification. L'espace n'est pas un rôle de permission : c'est le point de vue depuis lequel la même donnée de traçabilité est présentée.
- ScanConsultation d'un passeport depuis le terrain — QR, lien social, recherche ou accès direct. Enregistré sans identifier la personne : segment, source, appareil, pays. Sert la mesure d'usage et l'alerte de rappel, jamais le profilage individuel.
- Rappel produitRetrait ou rappel publié par une autorité ou par un opérateur, rapproché de nos lots par quatre niveaux de certitude décroissante : GTIN exact, numéro de lot exact, produit et fournisseur, produit seul. Le niveau retenu est exposé — un rapprochement par nom de produit seul n'a pas la valeur d'un rapprochement par GTIN.
Les identifiants
Les clés issues de référentiels publics ou de standards GS1, et ce qu'elles désignent exactement.
- SIRETNuméro SIRET à quatorze chiffres identifiant un établissement français. C'est la clé de jointure universelle entre nos sources publiques ; l'ontologie Data Food Consortium n'a pas de terme équivalent.
- forme juridiqueForme juridique de l'entreprise, dans la nomenclature INSEE.
- certifié parOrganisme ayant délivré la certification. L'ontologie Data Food Consortium décrit la certification mais pas son émetteur.
- valable jusqu'auDate d'expiration de la certification.
- SIRENNuméro SIREN à neuf chiffres identifiant une entreprise française — les neuf premiers chiffres de chacun de ses SIRET. Il désigne la personne morale là où le SIRET désigne l'établissement.
- GTINIdentifiant GS1 d'un article commercial, celui que porte le code-barres. Il désigne un TYPE de produit, jamais un exemplaire ni un lot — deux palettes du même yaourt partagent un GTIN et n'ont rien d'autre en commun.
- GLNIdentifiant GS1 d'un lieu ou d'une partie prenante. Renseigné à l'initiative du producteur, il permet à un partenaire de le reconnaître dans un message EDI sans passer par sa raison sociale.
- SSCCIdentifiant GS1 d'une unité logistique — palette, colis, roll. Contrairement au GTIN, il désigne un exemplaire unique, ce qui en fait la clé naturelle d'un suivi d'expédition.
- code NAF/APECode d'activité principale attribué par l'INSEE. Il dit ce que l'entreprise a déclaré faire à son immatriculation, pas ce qu'elle fait aujourd'hui : c'est pourquoi nos classements croisent le NAF avec l'enseigne plutôt que de s'y fier seuls.
- code commune INSEECode INSEE à cinq caractères de la commune. Préféré au code postal pour tout raisonnement territorial : un code postal peut couvrir plusieurs communes et une commune porter plusieurs codes postaux.
- estampille sanitaireMarque d'identification sanitaire européenne portée par un établissement agréé pour les produits d'origine animale, au sens du règlement CE 853/2004. Elle atteste d'un agrément en vigueur, pas d'un niveau de qualité.
- facette officielleVrai lorsque le concept cité provient de la taxonomie Data Food Consortium officielle, faux lorsqu'il s'agit d'un identifiant provisoire que nous avons frappé faute de concept amont. Exposer ce booléen évite qu'un consommateur prenne notre provisoire pour une référence partagée.
Les partis pris
Des décisions de produit qu'aucune lecture du site ne permet de deviner, et qui expliquent des absences.
- Vitrine sans place de marchéVeraTrace n'expose ni prix ni panier sur ses surfaces publiques de découverte, et n'intermédie aucune transaction. Ce n'est pas une fonctionnalité manquante mais une position : la vitrine est une vitrine de preuve, et y afficher un prix ferait du classement par preuve un classement commercial déguisé.
- Donnée déclaréeDonnée affirmée par un acteur sur lui-même ou sur ses produits. Elle est publiable telle quelle parce qu'elle engage son auteur, mais elle n'est jamais présentée comme vérifiée : la distinguer d'une donnée observée est ce qui empêche la plateforme de blanchir une affirmation en la republiant.
- Donnée dérivéeDonnée que la plateforme déduit d'échanges réels — par exemple un point de vente inféré d'un passeport de livraison suivi d'un accusé de réception. Publier une déduction expose deux parties qui n'ont pas consenti ensemble, ce pourquoi elle reste soumise au consentement double.
- Consentement doubleRègle selon laquelle une relation commerciale entre deux acteurs n'est publiable que si les DEUX y consentent. Le consentement du seul émetteur ne suffit pas : rendre publique la phrase « X livre Y » révèle autant sur Y que sur X, et Y n'a rien signé.